Les fondamentaux de la communication non violente

Les fondamentaux de la communication non violente

La communication non violente

Vous en avez sans doute déjà entendu parler ? Moi aussi. Mais j’avoue être totalement novice sur ce concept de communication non violente.

Tout ce que j’en connais, c’est le titre « Communication non violente », mais grâce à la suggestion de l’une d’entre vous, j’ai souhaité en apprendre d’avantage.

Comment ça s’écrit ?

Selon les souhaits de son fondateur, ça s’écrit « Communication NonViolente ». Et pas « communication non violente » ou « communication non-violente ».
Je fais le choix délibéré d’écrire « communication non violente » parce que je pense que c’est de cette façon que cela sera écrit par les novices.
Et je souhaite que mon ami Google renvoie ces novices vers cet article :-).

Commençons d’abord cet article par une tranche d’honnêteté. Peut-être qu’en lisant ces termes, vous levez les yeux au ciel en pensant « encore un truc de moines bouddhistes pour voir la vie en rose ».

Pourquoi je parle de tranche d’honnêteté ? eh bien, c’est parce que c’est ce que *moi* j’ai pensé en son temps, il y a bien longtemps, je l’avoue.

Ayant cet a-priori en tête, je ne me suis jamais penché sérieusement sur la question. L’expérience de vie et de travail ayant fait son chemin, je suis maintenant plus ouvert à m’orienter sur des voies que je ne connais pas, sans avoir de jugement fondé sur … rien en fait ! 🙂

Communication non-violente, délivre-moi tes secrets ! 🙂

Disclaimer

Comme je vous l’ai déjà signalé plus haut, je suis novice sur ce sujet, donc, si vous l’êtes également, cet article va grandement vous intéresser. En effet, en prenant 5 minutes à le lire, vous aurez quelques bases sur la communication non violente.

A contrario, si vous êtes déjà rompu.e.s à toutes les techniques de communication non-violente (CNV pour les intimes 😉 ), n’hésitez pas à apporter votre pierre à l’édifice en commentaire !

Pour préparer cet article, j’ai notamment lu la page wikipedia en anglais et la page wikipedia en français.

Pour le coup, la page en français n’est pas une traduction de la page anglophone. J’ai trouvé la page anglophone beaucoup plus instructive. Les critiques sont très limitées sur la page francophone, tant dans le nombre que sur la portée. Alors que les critiques de la page anglophones sont plus nombreuses et argumentées.

Qui a « créé » la communication non violente ?

La communication non violente a été développée par le psychologue amérivain, le Dr Marshall Bertram Rosenberg, décédé en 2015 à l’âge de 80 ans.

Marshall Rosenberg

Ce principe de communication non violente a débuté dans les années 1960 et en 1984, il fonde le Centre pour la communication non violente, toujours actif de nos jours et situé à Albuquerque, aux USA.

La communication non violente s’est depuis étendue sur le globe, avec la possibilité de se former dans ses techniques auprès de formateurs certifiés. (d’ailleurs s’il y a des formateurs certifiés qui lisent cet article, n’hésitez pas à vous mentionner en commentaire ! 🙂 )

Qu’est-ce que la communication non violente ?

La communication non violente s’applique dans de nombreux domaines de la vie. Après lecture des articles wikipedia et du site en anglais sur la communication non violente, je proposerai la définition suivante :

La communication non violente est un processus de communication qui implique 4 composantes :

  1. l’observation : l’important est d’observer sans juger, de rester le plus objectif possible en se basant sur les faits, sans se faire submerger par ses propres émotions ou interprétations.
  2. les émotions : les émotions permettent de détecter si des besoins sont rencontrés ou pas. (pensez à lire mon article sur les émotions au travail, cliquez ici, cela va s’ouvrir dans un autre onglet). Lorsque nos besoins sont comblés, on peut se sentir : Impliqué, excité, joyeux, inspiré, etc. Lorsque nos besoins ne sont pas comblés, nous pouvons nous sentir : embarrassé, en colère, vulnérable, tendu, etc. (cliquez ici pour avoir l’inventaire en anglais des émotions positives et négatives)
  3. les besoins : il s’agit des besoins universels. Le centre pour la communication non violente propose comme besoins universels : la connection, le bien-être physique, l’honnêteté, le jeu, la paix, l’autonomie et faire sens. (cliquez ici pour avoir la liste en anglais plus complète des besoins et de ses déclinaisons)
  4. la requête : la requête doit être formulée dans un langage clair, positif et concret. Si cette requête n’est pas rencontrée par notre interlocuteur, l’idée est de communiquer pour connaitre quels sont ses besoins qui ne sont pas remplis.

Ce processus de communication, voire ce mode d’expression, utilise simultanément deux modalités :

  1. l’empathie (envers soi-même et envers l’autre/les autres)
  2. l’authenticité

Ce que je pense de la communication non violente

Je suis content de m’être penché sur le sujet. En faisant mes recherches sur le web, je dois avouer que ça partait dans tous les sens. Et cela peut se comprendre vu que la communication fait partie de tous les aspects de notre vie.

Dès lors, en matière de bien-être au travail, je trouve utile de vous avoir écrit cet article. Comme beaucoup de nouveaux outils, ça demande du temps pour le pratiquer dans votre organisation.

Sans doute que beaucoup d’entre nous le font déjà sans s’en rendre compte.

En me renseignant sur le sujet, j’ai également pu mettre le doigt sur ce qui me gênait, et me gêne encore! en matière de communication non violente.

C’est son nom ! En fait, sémantiquement parlant, la communication non violente s’oppose à la communication violente. Donc, à partir du moment où les personnes ne considèrent pas leur communication violente, il n’y a pas lieu de s’intéresser à une communication « non violente ».

L’article francophone de wikipedia reprend une citation de Marcelle Belanger qui illustre bien cet idée :

« En entendant « communication non violente », les gens se sentent attaqués personnellement, comme si on les accusait d’être violents ! Ça part mal pour communiquer. »

Marcelle belanger

Voilà, j’espère que cet article vous sera utile. N’hésitez pas à l’envoyer à un.e ami.e ou un.e collègue !

Dites-moi en commentaire quelle est votre expérience en matière de communication non violente ?

Si vous avez aimé l'article, pensez à le partager ! :-)

6 COMMENTAIRES

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Deprez

Très bien synthétisé! Et, comme vous, je tique également sur son appellation…Du coup, lorsque je propose à un collaborateur de travailler de cette manière pour préparer une rencontre (type conciliation) avec un collègue ou chef avec qui un sujet « délicat » doit être abordé, je préfère tout de suite dédramatiser en expliquant les bienfaits de cette méthode dont un des principaux est de permettre à l’interlocuteur de mieux comprendre sur quel levier il pourra agir à l’avenir (essentiellement grâce à l’exposé des besoins non rencontrés) pour que ce « malentendu » ne se reproduise plus et que la relation professionnelle puisse se poursuivre de la manière la plus harmonieuse possible. En effet, si la personne se limite à « déverser » ses émotions avec, certes un peu de contenu objectif, l’autre en sera plus « paralysé »…et pourrait se demander: »ok…et je fais quoi avec ça maintenant? Qu’est ce qui est en mon « pouvoir » pr « réparer » ce qu’il s’est produit chez l’autre? ». La partie qui reprend l’expression des besoins non rencontrés à cet objectif là selon moi. Nous avons tous des représentations différente d’une même réalité qui provient de notre parcours de socialisation primaire et secondaire. Cette approche permet de comprendre la réalité de l’autre, sans jugement, et dans le but de faire évoluer la situation de manière constructive.

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    S_Debrulle

    Un tout grand merci pour ce commentaire hyper intéressant. Vous pourriez nous en dire plus sur les parcours de socialisation primaire ou secondaire ? ou recommander une courte lecture de quelques pages sur le sujet ? Bonne semaine !

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L. Renard

Bonjour,
Merci pour cet article qui évoque une méthode apparemment simple, et pourtant tellement difficile à appliquer au quotidien !
Mon livre de chevet dans ce domaine est celui du fondateur de la méthode, M. Rosenberg : « Les mots sont des fenêtres… ou des murs – Introduction à la communication non violente ». Il est clair et rempli d’exemples et de mises en situation, de questions qu’on peut compléter pour voir si on a bien compris, etc.
Même si j’ai aussi du mal avec le concept de « communication non violente » qui me fait penser à la philosophie de « tendre l’autre joue », je dois bien reconnaître que la plupart des échanges – les miens y compris – sont empreints de « violence », même inconsciente… Cela m’incite à poursuivre mes efforts (et m’a aidée à résoudre un conflit avec un collègue, après avoir pris le temps d’analyser ce que ses mots avaient atteint en moi comme besoins insatisfaits, et de pouvoir le lui dire posément et sans jugement) !

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    S_Debrulle

    Merci beaucoup pour votre témoignage ! Je pense que nous sommes quelques-uns à tiquer sur cette dénomination, tout en reconnaissant l’utilité de cette pratique. Pareillement, ce principe de besoins insatisfaits est un outil vraiment utile.

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Rony

Marshall disait que tout acte de violence (verbal ou physique) avait pour origine un besoin non satisfait.
Il disait par ailleurs, qu’il était parfois plus important, pour un besoin, d’être reconnu que satisfait…

J’ai été formée à la CNV et depuis je ne lis plus ses livres de la même façon.

En effet la CNV se pratique surtout au quotidien. Cette pratique commence par une nouvelle manière de communiquer avec soi ! Je suis tellement plus à l’écoute de mes besoins depuis cette formation.

Il y a une autre chose importante avec la pratique de la CNV, une condition impérative pour que cela « fonctionne ». Les 2 parties en actions doivent avoir les « moyens » de s’exprimer de manière non-violente ! Si ce n’est pas le cas, la communication sera certainement violente.

Bien souvent la première « violence » (et je suis d’accord avec toi au sujet de ce mot qui peut être violent en lui-même) consiste tout simplement à donner son avis à une personne qui ne nous l’a pas demandé, ce qu’on fait tous les jours et très souvent !

Mon mantra principal que j’ai retenu de tout cela est le suivant « Connect before correct ».

Merci pour ton intérêt pour la CNV. Sans en faire une religion, je garde à l’esprit que c’est un outil fabuleux pour changer authentiquement nos relations :
1 – de soi à soi
2 – puis ensuite avec le monde qui nous entoure.
Au plaisir de te lire 👍

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    S_Debrulle

    Oh oui !!!!! Connect before correct !! C’est une belle pépite ça, je la resortirai !! 🙂