Comment recevoir un tsunami de reconnaissance au travail ?

Comment recevoir un tsunami de reconnaissance au travail ?

La reconnaissance au travail

J’ai posé la question dans un groupe Facebook : “Qu’est-ce qui influence votre bien-être au travail ?” La reconnaissance au travail était une réponse souvent formulée.

Le rapport de recherche sur l’évolution 2010 – 2018 du burnout en Belgique (accessible en cliquant ici) mentionne la reconnaissance au travail comme la deuxième ressource la plus importante liée au travail.

A ce stade, un petit rappel s’impose. 🙂

Les ressources et les contraintes liées au travail

Je vous ai déjà parlé du modèle JDR. Je vous en ai parlé dans mes articles :

JDR est l’acronyme du terme anglais Job Demand-Resource. Cette théorie, bien établie en matière d’explication des causes du burnout explique que nous nous épuisons professionnellement parce que les ressources offertes par notre travail (en plus de nos ressources personnelles) ne nous permettent pas de venir à bout des exigences du travail.

Les exigences du travail peuvent être de diverses natures :

  • une charge de travail énorme,
  • des horaires difficiles,
  • des ambiguïtés dans les responsabilité,
  • etc.

Pour faire face à ces exigences, nous devons compter sur nos ressources personnelles ; nos compétences techniques, mais aussi relationnelles, et nous devons compter sur les ressources que nous offrent notre travail.

Parmi les ressources importantes offertes par le travail, la reconnaissance figure en deuxième position (mentionné par 52% des travailleurs interrogés en 2018), juste derrière le soutien de la hiérarchie (mentionné par 63% des travailleurs interrogés en 2018).

La reconnaissance au travail est donc extrêmement importante. Ce qui était suggéré par les réponses de personnes dans un groupe Facebook, se retrouve validé par un travail de recherche de niveau universitaire commandé par le service public fédéral.

Qu’est-ce que la reconnaissance au travail ?

Dans le cours que j’ai pu suivre (Approche psychosociologique des organisations, dans le cadre de mon master en gestion des risques et bien-être au travail), le Prof Florence Stinglhamber a repris la définition de Robert Eisenberger :

La reconnaissance au travail, c’est avoir le sentiment que son organisation valorise ses contributions et se préoccupe de son bien-être.

Stinglhamber / Eisenberger

Comment mon organisation peut concrètement me témoigner de la reconnaissance au travail ?

Ne soyons pas hypocrite, parlons tout de suite d’argent. Je ne vais pas développer ce point en profondeur ici, mais je considère comme acquis que 1) oui, le salaire et les bénéfices extra-légaux entrent en ligne de compte dans la reconnaissance au travail et 2) non, ce n’est ni suffisant, ni le plus important.

Quoi d’autre alors ?

Toujours dans le cours que j’ai pu suivre mentionné ci-dessus, le Prof Stinglhamber mentionne 4 familles de facteurs qui concourent à augmenter la reconnaissance au travail

  1. les conditions de travail,
  2. les pratiques de ressources humaines,
  3. la justice organisationnelle,
  4. les relations interpersonnelles.

Passons en revue ces familles de facteurs.

Les conditions de travail

Dans les conditions de travail, sont distinguées les conditions intrinsèques et extrinsèques. Les conditions intrinsèques reprennent :

  • le fait de pouvoir se développer personnellement,
  • avoir des tâches avec un degré adéquat de difficulté (pas trop, pas trop peu),
  • pouvoir déployer ses compétences au travail.

Les conditions extrinsèques reprennent l’ensemble des conditions financières.

Les pratiques de ressources humaines

Dans les pratiques de ressources humaines, on retrouve :

  • la formation et le développement,
  • la flexibilité horaire,
  • l’évaluation et les feedbacks de performances

La justice organisationnelle

La justice organisationnelle, dans ce cadre-ci, se divise généralement en trois parties.

Tout d’abord, la justice procédurale exprime le fait que les décisions sont prises selon des procédures qui ne sont pas biaisées et qui se base sur des informations précises, avec une base éthique et morale.

Ensuite, la justice distributive définit le fait que ce que l’on reçoit de l’organisation répond à l’une des trois règles :

  1. Equité : ce que l’on reçoit est proportionnel à ce que l’on contribue,
  2. Egalité : indépendamment de la performance, toutes les personnes d’une même catégorie reçoivent la même chose,
  3. Besoin : ce que l’on reçoit dépend de la situation personnelle de chacun.

Enfin, la justice interactionnelle relève du traitement auquel les individus sont confrontés : la dignité, le respect, etc.

Les relations interpersonnelles

Cet aspect reprend le fait d’être soutenu et valorisé par son/sa supérieur.e et par ses collègues. (à ce sujet, mon article sur le soutien social perçu pourrait vous intéresser)

Attention, trop de reconnaissance tue la reconnaissance ?

Il semblerait que oui ! La reconnaissance permet de diminuer le stress, mais jusqu’un certain niveau, ensuite un niveau trop élevé de reconnaissance augmenterait le stress (voir le graphe ci-dessous)!

Burnett et al. 2013, repris dans le cours mentionné ci-dessus du Prof Stinglhamber

Le plan d’action “reconnaissance au travail”

Dans le cadre de cet article, nous avons défini la reconnaissance au travail, pourquoi elle était importante et quelles en étaient les causes.

Nous allons maintenant établir un plan d’action pour répondre à notre question initiale “comment recevoir un déluge de reconnaissance au travail“.

Sauf que nous allons peut-être modérer quelque peu la demande initiale, vu qu’il existe des indices signalant que trop de reconnaissance au travail ne serait pas nécessairement bénéfique.

A vous également d’adapter ce plan d’action, vous pouvez l’utiliser pour vous-mêmes, mais également pour offrir plus de reconnaissances au travail pour vos collègues ou vos collaborateurs.

Vous remarquerez que ces actions sont en lien direct avec les quatre familles de facteurs à l’origine de la reconnaissance au travail (pour rappel : les conditions de travail, les pratiques de ressources humaines, la justice organisationnelle et les relations interpersonnelles).

La liste des actions que vous pouvez conduire :

  1. Développez vos compétences dans des sujets qui sont utiles pour votre organisation. Vous retirerez la satisfaction pour votre propre développement et vous deviendrez une référence sur un ou plusieurs sujets précis. Alors, quelle serait la compétence la plus utile à développer ?
  2. Donner et demander régulièrement des feedbacks de performance et n’attendez pas votre revue annuelle de performance. Si ce n’est pas encore instauré, n’hésitez pas à en discuter avec votre supérieur. Cela peut très bien se faire lors d’un briefing hebdomadaire d’une vingtaine de minutes.
  3. Assurez-vous que le processus décisionnel dans votre organisation est en adéquation avec vos valeurs et si ce n’est pas le cas, osez communiquer, assertivement, sur votre ressenti.
  4. En matière de relations interpersonnelles, apprenez à offrir votre aide à vos collègues, de manière intelligente. C’est-à-dire qu’un minimum de temps investi de votre part doit offrir un grand bénéfice pour vos collègues. Bien sûr, sans que cela ne vous mette en retard dans vos propres tâches.
  5. Apprenez à identifier vos problèmes ou vos lacunes pour demander efficacement de l’aide à votre supérieur. Simplement dire “je ne m’en sors pas” n’est pas propice pour obtenir une aide efficace. Est-ce que vous diposez des compétences suffisantes pour réaliser la tâche ? est-ce qu’il y a trop de tâches avec des échéances soit trop courtes, soit simultanées. Plus votre problème est précis et spécifique et rentre dans les attributions de votre supérieur, plus il pourra facilement vous aider et vous vous sentirez mieux considéré.

Est-ce que vous verriez d’autres actions à ajouter à ce plan d’action ? Dites-le moi en commentaires. 🙂 et n’hésitez pas à partager cet article avec un ami !

Si vous avez aimé l'article, pensez à le partager ! :-)

4 COMMENTAIRES

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Jennifer

Grand merci pour cet article très complet ! Je comprends mieux à présent ce qui a déclenché un burnout.

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    S_Debrulle

    Content que ça te soit utile ! 🙂 Un burnout est une épreuve très difficile à traverser :-/

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Stéphanie Van Daele

Merci pour ce partage intéressant!

    comments user
    S_Debrulle

    Avec plaisir, content que cela vous ait plu ! 🙂