Comment mieux gérer les émotions au travail ?

Comment mieux gérer les émotions au travail ?

Les émotions

Avant de commencer, j’aimerai vous proposer un petit exercice. Observez l’image ci-dessous.

Que distinguez-vous ?

Regardez bien !

Voyez-vous 4 carrés ?

ou 2 rectangles ?

Combien de nuances de couleurs détectez-vous ?

Ok, maintenant, faites glisser le curseur ci-dessous de droite à gauche.

Qu’observez-vous ?

Ces deux images représentent en fait la même chose, mais avec une résolution différente. Lorsque vous faites glisser le curseur vers la droite, vous découvrez une image de très faible résolution, cela veut dire qu’elle a peu de détails, peu de nuances.

A contrario, lorsque vous faites glisser le curseur vers la gauche, l’image dévoilée présente beaucoup plus de détail.

La résolution initiale de la première image ne montre que 4 carrés, mais la réalité sous-jacente est bien plus complexe.

La résolution actuelle ne permet pas encore de bien comprendre cette image. Il faut beaucoup plus de détails pour savoir ce que l’image a envie de nous dévoiler.

Voici la même image, mais avec une résolution beaucoup plus élevée.

Lorsque l’on augmente le niveau de détail, l’image devient alors intelligible.

Pour le fun, dites-moi en commentaires ce que vous voyez ! 🙂

Encore pour le fun, voici la même image avec une faible résolution et une résolution plus élevée.

Certains d’entre vous ont déjà saisi le lien qu’il y a la gestion émotionnelle ?

J’espère que non, parce que je me suis cassé la tête pour essayer de rendre cet article énigmatique, de manière à ce que tout s’éclaircisse lorsque vous aurez fini de lire cet article ! 😀

La littératie émotionnelle

Voici un deuxième petit exercice. Pourriez-vous me nommer 3 émotions différentes ? 5 émotions différentes ?

Si vous avez réussi à passer le cap de lister 5 émotions, jusqu’où pouvez-vous aller ? 10 émotions différentes ? 15 émotions différentes ?

En fait, les chercheurs eux-mêmes n’ont pas trouvé de consensus sur le nombre exact, mais il y a quand-même un consensus : il existe des émotions de base.

Le chercheur Ekman, dans son article de 1992 « Are there basic emotions », propose une liste de neuf critères pour détecter une émotion de base (liste tirée de l’ouvrage « Les compétences émotionnelles » référencé en fin d’article).

comment mieux gérer ses émotions au travail

Les critères pour déterminer une émotion de base

L’émotion de base :

  1. possède une expression faciale universelle,
  2. est présente chez l’homme et chez d’autres primates,
  3. a un pattern de réponses physiologiques spécifiques,
  4. est rapidement déclenchée,
  5. apparaît spontanément,
  6. est associée à des stimuli déclencheurs universels distincts,
  7. est évaluée automatiquement,
  8. a une durée limitée,
  9. a des réponses émotionnelles ou des composantes convergentes.

Si comme moi, vous êtes plutôt visuel, je vous recommande de vous pencher sur la théorie des émotions de Robert Plutchik.

Avec un peu d’exercice, sa roue des émotions est facile à retenir.

La roue des 32 émotions de Robert Plutchik

Comment mieux gérer ses émotions au travail

Pour Robert Plutchik, nous disposons de 8 émotions primaires qui sont :

  1. la peur,
  2. la surprise,
  3. la tristesse,
  4. le dégoût,
  5. la colère,
  6. l’anticipation,
  7. la joie,
  8. la confiance

Dans ce modèle, les émotions peuvent se décliner en différentes intensités, ainsi une colère exacerbée peut conduire à la rage et une colère atténuée devient de la contrariété.

Toujours dans ce modèle, deux émotions primaires se combinent entre elles pour former une émotion secondaire. Ainsi un mélange de colère et de dégoût forme le mépris.

Autre particularité de ce modèle : les émotions forment des paies opposées :

  • la joie – la tristesse
  • l’anticipation – la surprise
  • la colère – la peur
  • le dégoût – la confiance

Les dernières avancées en matière d’expression émotionnelle

Pour les chercheurs Dacher Keltner, Disa sauter, Jessica Tracy et Alan Cowen, les expressions non-verbales des émotions partagent 5 caractéristiques :

  1. elles sont brèves et disposent de leur propre pattern cohérent,
  2. les émotions signalent un état émotionnel, une intention ou une évaluation de la situation,
  3. elles sont jusque un certain degré universelles, c’est-à-dire indépendantes de notre culture,
  4. on en retrouve des précurseurs chez d’autres mammifères,
  5. elles ont tendance à coïncider avec les réponses physiologiques liées aux émotions

Charles Darwin avait déjà, en son temps, répertorié les expressions faciales de 40 émotions différentes ! et dernièrement, le chercheur Bai et ses collègues ont pu identifier 51 expressions faciales différentes qui étaient reconnues à la fois par des participants de cultures chinoises et américaines. (voir ci-dessous, en anglais)

La règle 7% – 38% – 55% de Mehrabian

Vous en avez très certainement entendu parler. Albert Mehrabian est connu pour ses travaux sur le language verbal et non verbal. Selon lui, notre communication passe par 3 modalités :

  1. 7% de notre message est transmis par les mots,
  2. 38% de notre message est transmis par le paralangage, il s’agit de l’intonation de notre voix, notre vitesse d’élocution, etc.
  3. 55% de notre message est transmis par notre langage corporel (les gestes, les postures.. et les expressions faciales)

Mettons tout ceci en musique !

Au début de cet article, je vous ai montré une image constituée de 4 gros pixels, qui ne signifiait absolument rien.

Ensuite, je vous ai montré la même image avec une résolution plus élevée et vous pouviez alors distinguer le contenu de cette image.

Je vous ai ensuite expliqué qu’à côté des quelques émotions de base, la roue de Robert Plutchik présente 32 émotions.

Ces 32 émotions sont réparties en

  • 4 paires d’émotions de base,
  • 8 émotions d’intensité plus forte
  • 8 émotions d’intensité plus faible,
  • 8 émotions secondaires

Les chercheurs ont également pu identifier jusque 51 expressions faciales répondant chacune à une émotion différentes.

Une image avec plus de pixel vous permet de mieux comprendre les détails de cette image.

Les situations de travail sont similaires. Si votre littératie émotionnelle est développée. C’est-à-dire, si vous êtes capables d’identifier plus facilement et plus précisément les émotions, alors vous serez mieux outillés pour faire face aux défis de votre vie professionnelle.

Je vous en ai déjà parlé plus haut dans cet article, il y a un livre que je vous recommande. Il s’agit de « Les compétences émotionnelles » de Moïra Mikolajczak, Jordi Quoidbach, Ilios Kotsou et Delphine nélis, aux éditions Dunod.

les compétences émotionnelles

Une des lignes directrices de cet ouvrage est que les compétences émotionnelles, comme n’importe quelle autre compétence, peuvent se travailler pour être développées.

Ce que je vous recommande de faire

Pour commencer, augmenter votre littératie émotionnelle. Commencez par apprendre les 8 émotions de base du modèle de Plutchik (joie, tristesse, anticipation, surprise, colère, peur, dégoût, confiance).

Ensuite essayez de les détecter, à la fois dans votre attitude et dans les attitudes de vos collègues.

Essayer de connaître le message sous-jacent derrière cette émotion. Lorsque vous aurez appris à reconnaître l’ensemble des émotions qui peuvent exprimées par vos collègues, vous vous rendrez compte que vous êtes equipés d’un super-pouvoir ! En effet, vous aurez une vision beaucoup plus précise de la situation de travail et vous pourrez prendre de meilleures décisions !

J’espère que cet article vous a été utile ! N’hésitez pas à m’en faire part en commentaire. Et tant qu’on y est, y a-t-il un sujet que vous souhaiteriez me voir aborder ?

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