Comment exploser son niveau de productivité grâce au flow ?

Comment exploser son niveau de productivité grâce au flow ?

flow

Le flow, vous en avez déjà entendu parler. C’est cet état d’absorption et d’imprégnation que vous pouvez ressentir lorsque vous excellez dans certaines tâches.

En psychologie positive, le flow est, avec les aspects hédonique et eudémonique, une des trois composantes du bonheur. (Je vous en ai touché un mot dans l’article sur Comment et pourquoi réaliser un feedback positif ainsi que dans l’article Comment devenir un leader – partie 3).

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous définir ce qu’est la productivité… par contre, il faut que l’on se mette d’accord : « travailler », malheureusement, ça ne veut pas nécessairement dire « être productif ».

Si vous « prestez » 8 heures à votre job mais qu’à la fin de la journée, le bilan de ce que vous avez fait est maigre… on est bien d’accord, vous n’avez pas été productif !

On ne peut parler de flow sans aborder son père intellectuel, le psychologue hongrois : Mihaly Csikszentmihaliy.

Mihaly Csikszentmihaliy

Même sans rencontrer le succès, les personnes créatives trouvent de la joie dans un travail bien fait.

Apprendre pour le plaisir d’apprendre est gratifiant

Mihaly Csikszentmihaliy

Kendra Cherry a écrit un article sur la psychologie du flow que je trouve bien résumé, je vous en donne ci-dessous, les points essentiels. (vous pouvez trouver la version originale, en anglais, en cliquant ici)

Les 8 bénéfices du flow

  1. Une meilleure régulation émotionnelle. Apparement, en expérimentant le flow, les personnes tendent à distinguer une plus grande complexité dans les émotions, selon Kendra Cherry. Cela rejoint ce dont je vous parlais en matière de littératie émotionnelle, dans mon article sur comment mieux gérer les émotions au travail.
  2. Un plus grand épanouissement. Les personnes en état de flow prennent du plaisir à faire ce qu’elles font. Elles trouvent les tâches réalisées plus gratifiantes et épanouissantes.
  3. Une plus grande joie. Apparement, selon Kendra Cherry, les recherches tendent à montrer que les personnes en état de flow montrent des niveaux plus élevés de joie, de satisfaction et d’actualisation de soi.
  4. Une plus grande motivation intrinsèque. Parce que le flow est un état émotionnel positif, il tend à augmenter la motivation pour réaliser des choses sans chercher de bénéfices externes, ce qui est le propre de la motivation intrinsèque.
  5. Une plus grande implication. Les personnes en état de flow sont typiquement très impliquées dans ce qu’elles font.
  6. Une plus grande performance. Kendra Cherry nous rapporte qu’apparement le flow améliorerait les performances dans toute une série de domaines différents : l’enseignement, les performances athlétiques, la créativité artistique…
  7. L’apprentissage et le développement des compétences. Parce que le flow se développe lorsque l’on est à la frontière de nos compétences, une fois le sujet devenu trop confortable, nous recherchons un peu plus la difficulté. De là, nous nous poussons dans nos retranchements et nous nous développons à chaque fois un peu plus.
  8. Plus de créativité. Apparement, le flow a souvent lieu pendant l’exécution de tâches créatives, ce qui aurait pour conséquence de nous pousser à être toujours plus créatif.

Mon avis personnel sur ces 8 bénéfices ? je trouve cet article très « américain », « toujours plus »… Même si je n’ai aucun doute sur les aspects et les conséquences positifs liés à l’état de flow, je trouve que ces 8 bénéfices sont quelque peu exagérés. Sans doute que dans mes lectures futures, je temporiserai ces bénéfices, ou au contraire, je les accentuerai ! A suivre…

Les 10 caractéristiques du flow

Kendra Cherry nous dit que selon Mihaly Csikszentmihaliy, il y a généralement 10 facteurs qui accompagnent l’état de flow, même si ces facteurs ne sont pas nécessairement présents tous en même temps.

  1. Le simple fait de réaliser l’action est gratifiante.
  2. Les objectifs sont clairs, pas évidents à réaliser mais atteignables.
  3. La concentration est totale sur l’activité elle-même.
  4. Nous avons la sensation d’avoir un contrôle sur la situation et sur les résultats qui sont liés.
  5. Nous sommes dans un état de sérénité.
  6. Il y a un feedback immédiat.
  7. Nous savons que la tâche est réalisable et qu’il y a une adéquation entre nos compétences et les demandes de la tâche.
  8. Nous perdons de vue nos besoins physiques (manger, dormir, etc.).
  9. Il y a un haut niveau de concentration.
  10. Nous perdons la notion du temps qui passe.

Mon avis personnel sur ces 10 bénéfices ? Je trouve qu’il y a une certaine redondance dans les caractéristiques évoquées. Par exemple, entre les caractéristiques 2 et 7 ou encore les caractéristiques 3 et 9. Je serai intéressé à approfondir le sujet et obtenir différentes sources pour préciser ces notions.

4 critères pour atteindre le flow

  1. Avoir des objectifs clairs
  2. Eliminer les distractions
  3. Ajouter des éléments de challenge (pour faire en sorte que même des tâches simples puissent générer du flow)
  4. Choisir quelque chose que l’on aime faire

Pour aller plus loin

L’objectif de cet article est bien de se servir du flow pour exploser notre productivité. En quoi est-ce utile ? euh… regardez le nom de ce site internet : « heureux et performant professionnellement » ! 🙂 C’est mon core-business, j’ai envie de dire…

Au travers de cet article, nous avons parcouru toutes les caractéristiques et ingrédients nécessaires. Je ne pense pas que ce soit possible ou utile d’être dans le flow 100% du temps. Peut-être qu’il y aurait un phénomène similaire à l’adaptation hédonique ? à force d’être « trop dans le flow« , on en retirerai moins de plaisir ? je n’ai pas encore la réponse à cette question. De toute façon, je pense que cette question est prématurée pour la grande partie d’entre nous.

Ce qui compte maintenant, c’est de réaliser une ingénierie de nos tâches. Pour augmenter la fréquence d’apparition du flow dans notre vie professionnelle, cela passe par la planification. Une façon de travailler est de prendre en main chacun des 4 critères ci-dessus et d’adapter nos tâches ou la façon de faire nos tâches pour les rendre plus facilement génératrices de flow.

Avoir des objectifs clairs

Par exemple, le premier critère est d’avoir des objectifs clairs. Donc, en commençant la journée, il serait intéressant, si la nature de notre job le permet, d’avoir une idée de ce qui doit être accompli dans la journée, surtout par nature de tâche.

Imaginons que nous ayons une réunion en interne, un peu de travail administratif et une visite avec des clients. Avant même le début de ces tâches, c’est à nous de déterminer : que devons-nous retirer de cette réunion ? à la fin de la période de travail administratif, devons-nous être à jour dans nos mails ? ou finir la rédaction d’un rapport important ? etc.

Eviter les distractions

Par rapport au deuxième critère : éviter les distractions, nous pouvons éviter les notifications inutiles sur notre téléphone. Et bien entendu… les emails !!! Je SAIS que je dois mieux gérer ma relation avec les emails (et je sais aussi que je m’améliore). Très souvent, j’arrive à travailler « hors connexion », c’est-à-dire que je ne reçois pas mes mails en temps réels. Ensuite, je relève ma boîte mail pour faire entrer tous les mails en attente, et je les traite tous le plus rapidement possible.

Cela me permet de travailler dans Outlook sans être gêné par les nouveaux mails entrants. Mais je suis encore loin du niveau de productivité que j’aimerai avec mes emails ! (et vous ? comment gérez-vous vos emails ou notifications sur le téléphone ?)

Ajouter des éléments de challenge

Cet aspect est assez facile à gérer : on peut toujours se donner moins de temps pour réaliser une tâche, même une tâche très simple peut devenir très intéressante. Je trouve un élément de challenge très utile : ne jamais faire d’heure supplémentaire ! 🙂 dans la mesure du possible (mais je n’y arrive pas toujours…).

Se dire que quoiqu’il arrive tout doit être fait dans les 8 heures de travail de la journée. Bien sûr, cette pression que l’on se met doit rester saine et surtout, nous devons en rester maître, sinon, l’épuisement professionnel n’est pas loin. On se retrouve alors avec les résultats contraires à ceux recherchés ! on recherche le plaisir dans l’action, pas le burnout !

Choisir quelque chose que l’on aime faire

Je trouve que ce point pourrait changer pour devenir : choisir d’aimer ce que l’on fait. Bien entendu, il y a des tâches par nature qui nous apporte plus de plaisir. Mais dans tout job, il y a également des points noirs, des tâches qui nous déplaisent, mais que nous devons quand-même réaliser. Apprendre à prendre du recul et à aimer ces tâches permet déjà de mettre une note positive et pourrait favoriser l’émergence du flow et de notre productivité !

Pour conclure

L’état de flow a été popularisé par Mihaly Csikszentmihaliy. L’état de flow est un état dans lequel nous sommes absorbés par notre tâche. Celle-ci se trouve à la frontière de nos connaissances, nous prenons du plaisir à l’exécuter et nous sommes hautement concentrés sur la tâche.

Dans cet article, je vous ai présenté les 8 bénéfices qui sont liés à l’état de flow : cela va d’une plus grande joie à une plus grande performance en passant par plus de créativité. Ensuite, je vous ai donné quelques pistes pour faire tendre vers le flow des tâches a priori banales !

Et vous? êtes-vous souvent dans le flow ? arrivez-vous à modifier des tâches anodines pour en faire des tâches génératrices de flow ? dites-moi tout en commentaire !

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